La Coalition canadienne des arts a réussi à fixer 113 rencontres avec des députés de tous les partis politiques représentés à la Chambre de communes. Le 25 octobre, une centaine d’artistes, de gestionnaires des arts et de membres de conseils d’organismes artistiques à but non lucratif de partout au Canada, de Terre-Neuve à la Colombie-Britannique, ont convergé vers la Colline du Parlement en vue de discuter avec les députés des trois demandes présentées par la Coalition au Comité permanent des finances, à savoir, que le gouvernement du Canada :
Le contenu de quatre-vingt quatre de ces rencontres est consigné dans des rapports écrits présentés par des membres de la Coalition ; le présent rapport en constitue la synthèse.
Quelques chiffres
D’entrée de jeu, mentionnons que certains de ces chiffres mettent les réponses en perspective. Sur les 113 rencontres avec des députés qui ont eu lieu, il y avait :
Parmi les députés dont le contenu des rencontres avec des membres de la Coalition a été consigné par écrit, il y avait :
En outre, nous avons tenu des rencontres avec trois sénateurs Conservateurs, un sénateur Indépendant, six membres du personnel ministériel et deux hauts fonctionnaires.
Des réunions pour quels nous avons des rapports, les pourcentages suivants indiquent l’appui aux trois demandes émanant de la Coalition. (Tenant compte de l’importance du caucus gouvernemental au sein d’un parlement majoritaire, nous avons soustrait les réponses des membres du gouvernement pour les comparer aux totaux.)
50% des membres du gouvernement participants ont indiqué leur appui à cet objectif
34 % des membres du gouvernement participants ont indiqué leur appui à cet objectf
39% des membres du gouvernement participants ont indiqué leur appui à cet objectif
Maintien du financement du Conseil des arts du Canada
Treize Conservateurs de notre gouvernement ont manifesté leur appui au financement du Conseil des arts. Plusieurs se sont réjouis du réalisme dont a fait preuve la Coalition canadienne des arts en ne réclamant pas d’augmentation cette année. Plusieurs députés, dont des partisans du maintien du financement, ont par ailleurs souligné le fait que bon nombre de services subiraient des compressions budgétaires et qu’il n’était pas réaliste de s’attendre à ce que le Conseil des arts fasse exception. Ils ont toutefois ajouté qu’il s’agirait de réduire le gaspillage lié à la bureaucratie plutôt que de supprimer des programmes. Et, élément plus important encore, le ministre James Moore a indiqué que son intention était de faire réaliser des économies en priorité au sein du service lui-même plutôt qu’au sein de programme concernant les artistes.
De nombreux députés ont dit apprécier recevoir des documents faisant état des fonds que le Conseil des arts affecte à des artistes et à des organismes artistiques de leur circonscription. Cette information leur a paru très utile. Certains se sont demandé si leur région ou leur circonscription reçoit sa juste part ; d’autres, représentant des circonscriptions rurales, ont mentionné le défi de l’accessibilité.
Intégration des arts dans la politique étrangère du gouvernement
Plusieurs des députés que nous avons rencontrés souhaitaient l’élaboration d’une proposition portant sur l’international. Huit Conservateurs ont appuyé l’intégration des arts dans la politique étrangère du gouvernement, estimant qu’il s’agit d’un aspect important. Si certains croyaient que cette idée serait facile à faire passer, d’autres estiment qu’elle nécessite d’être approfondie et de marquer une orientation visiblement différente de celle des suppressions de programmes de 2008. L’idée selon laquelle « le Canada se présente au monde » est de plus en plus populaire, ont dit des députés, tandis que d’autres arguaient que le moment n’est pas propice à des demandes de soutien financier. Toutefois, de nombreux députés ont mentionné que les montants que nous demandons sont modestes, tandis que d’autres soulignaient que le prochain budget ne prévoirait aucun nouveau financement. D’autres députés, enfin, se sont montrés hésitants quant à cette demande, ou ne se sont pas prononcés.
Les députés de l’opposition sont généralement favorables à nos demandes, mais préoccupés par le fait qu’elles ne s’inscrivent pas dans les priorités du gouvernement. Bon nombre d’entre eux se sont montrés des défenseurs actifs de notre cause dans le passé, certains ayant même inclus les trois demandes prioritaires de la Coalition à leur plateforme électorale.
Maintien du financement des programmes clés du ministère du Patrimoine canadien
Neuf Conservateurs ont appuyé le maintien du financement de programmes clés du ministère du Patrimoine canadien, faisant des commentaires semblables à ceux concernant le Conseil des arts, à savoir que l’ensemble des services seront soumis à la stratégie gouvernementale de compressions budgétaires. Ce qu’ont réitéré et le sous-ministre et le ministre du Patrimoine canadien, qui ont toutefois affirmé qu’en ce qui concerne la culture, le plan d’action gouvernemental de réduction du déficit consisterait en « une coupe de cheveux, pas une amputation ». Ce dernier a aussi avancé que le Canada est le seul pays du G20 qui n’a pas sabré dans la culture en réaction au ralentissement économique.
Un thème a surgi plusieurs fois en relation avec le financement de programmes : celui de l’importance des « capitaux d’amorçage » ; toutefois, le financement à long terme est sujet à caution, et il a été mentionné qu’on ne devrait pas créer le sentiment que les organismes du milieu artistique ont « droit » à un financement annuel.
Trente et un des députés du NPD ont appuyé nos trois demandes, et la moitié des autres en appuyaient au moins une. Quant au reste, soit ils n’ont pas manifesté leur appui, soit ils étaient indécis. Les circonscriptions des députés du NPD tendent à comporter des communautés artistiques très actives ; toutefois, certains nouveaux députés, étant peu au fait du milieu des arts, nous ont dirigés vers leurs porte-parole en matière de patrimoine Tyrone Benskin et Pierre Nantel.
Autres aspects dignes de mention issus des rencontres avec les députés
L’engagement des parlementaires envers les arts
Il est intéressant de noter que 63 % des parlementaires que nous avons rencontrés ont mentionné éprouver un intérêt personnel pour les arts. Parmi eux, dix sont eux-mêmes des artistes professionnels ou amateurs, deux ont travaillé dans le domaine des arts, treize y comptent des amis ou des membres de leur famille, et douze se sont identifiés comme étant des amateurs d’art.
Deux députés nous ont dit s’être joints au caucus des arts, ce qui signifie que ce dernier s’est remis en branle et pourrait jouer un rôle utile pour la Coalition. Certains ont suggéré que la Coalition fonde un groupe de défense des droits constitué d’« Amis des arts » en vue et d’y attirer des « vedettes », car les députés adorent se faire prendre le portrait !
Le Ministre, champion de notre cause
Plusieurs députés Conservateurs nous ont affirmé que James Moore représente notre plus ardent défenseur au sein de leur caucus. On nous a dit qu’il se porte éloquemment à la défense de la valeur des arts, ce que les participants ont pu constater lors de la réception qui a clos la Journée des arts sur la Colline, notamment lorsqu’il a déclaré qu’« appuyer les arts n’est pas une priorité de droite ni de gauche, c’est simplement la bonne chose à faire ! »
Des députés de l’opposition ont confirmé le sentiment que James Moore est un bon ministre pour les arts. Certains ont proposé de lui écrire pour appuyer nos demandes. Quelques-uns nous ont demandé de leur préparer des argumentaires pour l’éventualité de suppressions de programmes ou de réductions budgétaires.
Le processus d’adoption du Budget
Un député nous a dit que le ministre des Finances, Jim Flaherty, a demandé aux membres du caucus des Conservateurs de faire trois ou quatre recommandations chacun, disant que lorsqu’une recommandation émane de plusieurs membres d’un caucus, elle est généralement considérée.
Autres sujets de préoccupation :
Les députés ont profité de ces rencontres avec des défenseurs des arts pour faire des commentaires ou s’enquérir sur une variété de sujets. Les thèmes qui ont émergé le plus fréquemment sont CBC – Radio-Canada et le droit d’auteur, enjeux qui ne figuraient pas à l’ordre du jour de la Coalition, mais dont l’importance pour les députés vaut d’être notée. Par ailleurs, une poignée d’entre eux ont affirmé défendre le crédit d’impôt pour les activités artistiques des enfants.
Résumé
La journée des arts sur la Colline 2011 a constitué une occasion importante d’engager le débat entre parlementaires et chefs de file de la communauté artistique à propos de l’importance des arts au Canada. Le Ministre comme le vice-président de la Chambre ont tous deux affirmé que le fait que des députés de tous les partis politiques se penchent sur l’importance des arts durant une journée avait été une expérience très positive. Malgré l’état actuel de l’économie et le plan d’action gouvernemental de réduction du déficit, la majorité des députés qui nous ont rencontrés ont soit appuyé les demandes de la Coalition, soit sont restés neutres ; aucun n’a rejeté d’emblée nos demandes.
Photo : Chambre des communes

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